La culture fait partie de ces mots que l’on emploie quotidiennement sans toujours en mesurer précisément le sens.
Pour certains, elle désigne les arts, la littérature, la musique ou le cinéma. Pour d’autres, elle renvoie aux traditions, aux savoir-faire, aux habitudes. Pour d’autres encore, elle ferait référence aux valeurs, aux croyances ou encore aux modes de vie.
Si le mot « culture » désigne autant de réalités différentes, que recouvre-t-il réellement ? Pour comprendre ce que recouvre aujourd'hui la culture, il convient donc de revenir à l'origine du terme et à l'évolution de ses différents usages.
Selon le dictionnaire latin-français Gaffiot, le terme « culture » dérive du latin cultura, issu du verbe colo-ere, qui signifie cultiver, soigner ou protéger. Le CNRTL définit initialement la culture comme le traitement du sol en vue de la production agricole. Cette première acception fait apparaître l'idée de développement par le soin et l'entretien. La culture consiste ainsi à faire fructifier ce qui est cultivé.
Cette idée sera progressivement transposée à l'être humain. C’est Cicéron, qui l’associe pour la première à l’humain. Il étend le terme culture au domaine de l'esprit qu’il compare à un champ qui nécessite d'être cultivé.
Dans cette perspective, la philosophie devient une « culture de l’âme ». Elle permet de déraciner les vices, de préparer l'esprit à recevoir de nouvelles connaissances et de les faire fructifier. La culture désigne alors un processus de formation et d'épanouissement de l'individu.
Cette conception individuelle s'élargit ensuite aux œuvres et aux productions de l'esprit. La culture renvoie désormais aux arts, à la littérature et aux productions intellectuelles. Nicolas Journet la définit comme le patrimoine lettré accumulé depuis l'Antiquité et comme l'ensemble des productions symboliques du domaine des arts et des lettres. Cependant, réduire la culture aux seules productions artistiques serait insuffisant. Les œuvres constituent également un héritage collectif, porteur de mémoire et transmis d'une génération à l'autre. La notion de culture conduit donc à celle de patrimoine.
Mais la culture ne se limite pas davantage à ce qu'une société conserve et transmet. Elle se manifeste aussi dans les pratiques ordinaires, les croyances, les valeurs et les manières de vivre. C'est ce qu'exprime l'approche anthropologique, qui élargit considérablement le champ de la culture.
Edward Burnett Tylor définit quant à lui la culture comme « un ensemble complexe qui englobe la totalité des connaissances, des croyances, des arts, des valeurs, lois, coutumes, et toutes les autres capacités et habitudes acquises par l’Homme en tant que membre d’une société ». Cette définition marque une rupture importante avec tout ce qui a été pensé auparavant. La culture ne se trouve plus seulement dans les œuvres consacrées ou les institutions, mais également dans les réalités ordinaires de l'existence. La manière de se nourrir, de s'habiller, d'éduquer les enfants, de travailler ou d'organiser la vie collective peut ainsi être considérée comme culturelle.
Maurice Blanc souligne également que, pour les ethnologues et les anthropologues, la culture renvoie à la vision du monde d'un groupe et s'exprime à travers son mode de vie, ses pratiques, ses objets, ses manières de se soigner ou d'éduquer. Les grandes œuvres culturelles ne sont pas exclues de cette conception, mais elles ne constituent qu'une dimension parmi d'autres.
La Déclaration de Mexico élargit encore cette perspective en définissant la culture comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe les arts et les lettres, mais également les modes de vie, les droits fondamentaux, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. La culture constitue ainsi un cadre à travers lequel l'être humain se pense, interprète son existence et construit ses rapports aux autres.
Toutefois, considérer la culture comme un ensemble de pratiques et de traits sociaux ne suffit pas. Les comportements n'ont de sens qu'à travers les représentations que les individus leur attribuent. C'est cette dimension symbolique que met en évidence l'anthropologue Clifford Geertz. Pour lui, la culture est un « modèle de significations incarnées dans des symboles transmis à travers l'histoire ». Elle constitue un système de significations partagé, à travers lequel les individus interprètent leur expérience et donnent sens au monde qui les entoure.
Le symbole peut être compris comme tout objet, acte, événement ou relation qui sert de véhicule à un concept. Les rites, les titres sociaux, les calendriers et, plus largement, les différentes formes symboliques permettent ainsi aux membres d'une société de communiquer, de transmettre leurs connaissances et d'organiser leur expérience. La culture ne correspond donc pas seulement à ce que les individus font, mais aussi aux significations qu'ils donnent à leurs pratiques.
Cette dimension symbolique conduit à considérer la culture comme un phénomène nécessairement transmis. Les savoirs, les valeurs, les pratiques et les représentations circulent entre les individus et les générations.
Cependant, la transmission ne signifie pas une reproduction à l'identique. Chaque génération réinterprète, adapte et transforme ce qu'elle reçoit. La culture apparaît donc comme un processus vivant, historique et dynamique.
La transmission culturelle participe également à la construction de l'identité. L'apprentissage d'une langue, l'intégration de valeurs, le partage de pratiques et la référence à une histoire commune contribuent à construire les sentiments d'appartenance et les identifications collectives. La culture constitue ainsi l'un des principaux cadres à travers lesquels les individus construisent leur rapport à eux-mêmes, aux autres et à leur société.
Cette conception élargie prend une importance particulière lorsqu'elle est appliquée aux sociétés africaines qui sont caractérisées par une grande diversité culturelle et par l'importance historique de la transmission des savoirs. Parmi les différents modes de transmission, l'oralité occupe une place majeure dans de nombreuses sociétés. Les récits, les langues, les chants, les proverbes, les rites et les savoir-faire constituent des moyens essentiels de conservation et de transmission de la mémoire collective.
En récapitulatif, la notion de culture s'est progressivement élargie. D'abord associée à l'idée de cultiver et de développer, elle a été appliquée à la formation de l'esprit, puis aux arts, aux œuvres et au patrimoine, avant d'intégrer les pratiques, les valeurs, les croyances, les modes de vie et les systèmes de significations. Finalement, la culture est une réalité collective, transmise, historique et dynamique.
En somme, la culture peut être comprise, au sens anthropologique, comme un ensemble complexe de connaissances, de croyances, de valeurs, de pratiques, de coutumes, de symboles et d'habitudes acquis par les individus en tant que membres d'une société, transmis et transformés au cours du temps, et à travers lesquels les groupes donnent sens à leur existence et à leur rapport au monde.
Pour certains, elle désigne les arts, la littérature, la musique ou le cinéma. Pour d’autres, elle renvoie aux traditions, aux savoir-faire, aux habitudes. Pour d’autres encore, elle ferait référence aux valeurs, aux croyances ou encore aux modes de vie.
Si le mot « culture » désigne autant de réalités différentes, que recouvre-t-il réellement ? Pour comprendre ce que recouvre aujourd'hui la culture, il convient donc de revenir à l'origine du terme et à l'évolution de ses différents usages.
Selon le dictionnaire latin-français Gaffiot, le terme « culture » dérive du latin cultura, issu du verbe colo-ere, qui signifie cultiver, soigner ou protéger. Le CNRTL définit initialement la culture comme le traitement du sol en vue de la production agricole. Cette première acception fait apparaître l'idée de développement par le soin et l'entretien. La culture consiste ainsi à faire fructifier ce qui est cultivé.
Cette idée sera progressivement transposée à l'être humain. C’est Cicéron, qui l’associe pour la première à l’humain. Il étend le terme culture au domaine de l'esprit qu’il compare à un champ qui nécessite d'être cultivé.
Dans cette perspective, la philosophie devient une « culture de l’âme ». Elle permet de déraciner les vices, de préparer l'esprit à recevoir de nouvelles connaissances et de les faire fructifier. La culture désigne alors un processus de formation et d'épanouissement de l'individu.
Cette conception individuelle s'élargit ensuite aux œuvres et aux productions de l'esprit. La culture renvoie désormais aux arts, à la littérature et aux productions intellectuelles. Nicolas Journet la définit comme le patrimoine lettré accumulé depuis l'Antiquité et comme l'ensemble des productions symboliques du domaine des arts et des lettres. Cependant, réduire la culture aux seules productions artistiques serait insuffisant. Les œuvres constituent également un héritage collectif, porteur de mémoire et transmis d'une génération à l'autre. La notion de culture conduit donc à celle de patrimoine.
Mais la culture ne se limite pas davantage à ce qu'une société conserve et transmet. Elle se manifeste aussi dans les pratiques ordinaires, les croyances, les valeurs et les manières de vivre. C'est ce qu'exprime l'approche anthropologique, qui élargit considérablement le champ de la culture.
Edward Burnett Tylor définit quant à lui la culture comme « un ensemble complexe qui englobe la totalité des connaissances, des croyances, des arts, des valeurs, lois, coutumes, et toutes les autres capacités et habitudes acquises par l’Homme en tant que membre d’une société ». Cette définition marque une rupture importante avec tout ce qui a été pensé auparavant. La culture ne se trouve plus seulement dans les œuvres consacrées ou les institutions, mais également dans les réalités ordinaires de l'existence. La manière de se nourrir, de s'habiller, d'éduquer les enfants, de travailler ou d'organiser la vie collective peut ainsi être considérée comme culturelle.
Maurice Blanc souligne également que, pour les ethnologues et les anthropologues, la culture renvoie à la vision du monde d'un groupe et s'exprime à travers son mode de vie, ses pratiques, ses objets, ses manières de se soigner ou d'éduquer. Les grandes œuvres culturelles ne sont pas exclues de cette conception, mais elles ne constituent qu'une dimension parmi d'autres.
La Déclaration de Mexico élargit encore cette perspective en définissant la culture comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe les arts et les lettres, mais également les modes de vie, les droits fondamentaux, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. La culture constitue ainsi un cadre à travers lequel l'être humain se pense, interprète son existence et construit ses rapports aux autres.
Toutefois, considérer la culture comme un ensemble de pratiques et de traits sociaux ne suffit pas. Les comportements n'ont de sens qu'à travers les représentations que les individus leur attribuent. C'est cette dimension symbolique que met en évidence l'anthropologue Clifford Geertz. Pour lui, la culture est un « modèle de significations incarnées dans des symboles transmis à travers l'histoire ». Elle constitue un système de significations partagé, à travers lequel les individus interprètent leur expérience et donnent sens au monde qui les entoure.
Le symbole peut être compris comme tout objet, acte, événement ou relation qui sert de véhicule à un concept. Les rites, les titres sociaux, les calendriers et, plus largement, les différentes formes symboliques permettent ainsi aux membres d'une société de communiquer, de transmettre leurs connaissances et d'organiser leur expérience. La culture ne correspond donc pas seulement à ce que les individus font, mais aussi aux significations qu'ils donnent à leurs pratiques.
Cette dimension symbolique conduit à considérer la culture comme un phénomène nécessairement transmis. Les savoirs, les valeurs, les pratiques et les représentations circulent entre les individus et les générations.
Cependant, la transmission ne signifie pas une reproduction à l'identique. Chaque génération réinterprète, adapte et transforme ce qu'elle reçoit. La culture apparaît donc comme un processus vivant, historique et dynamique.
La transmission culturelle participe également à la construction de l'identité. L'apprentissage d'une langue, l'intégration de valeurs, le partage de pratiques et la référence à une histoire commune contribuent à construire les sentiments d'appartenance et les identifications collectives. La culture constitue ainsi l'un des principaux cadres à travers lesquels les individus construisent leur rapport à eux-mêmes, aux autres et à leur société.
Cette conception élargie prend une importance particulière lorsqu'elle est appliquée aux sociétés africaines qui sont caractérisées par une grande diversité culturelle et par l'importance historique de la transmission des savoirs. Parmi les différents modes de transmission, l'oralité occupe une place majeure dans de nombreuses sociétés. Les récits, les langues, les chants, les proverbes, les rites et les savoir-faire constituent des moyens essentiels de conservation et de transmission de la mémoire collective.
En récapitulatif, la notion de culture s'est progressivement élargie. D'abord associée à l'idée de cultiver et de développer, elle a été appliquée à la formation de l'esprit, puis aux arts, aux œuvres et au patrimoine, avant d'intégrer les pratiques, les valeurs, les croyances, les modes de vie et les systèmes de significations. Finalement, la culture est une réalité collective, transmise, historique et dynamique.
En somme, la culture peut être comprise, au sens anthropologique, comme un ensemble complexe de connaissances, de croyances, de valeurs, de pratiques, de coutumes, de symboles et d'habitudes acquis par les individus en tant que membres d'une société, transmis et transformés au cours du temps, et à travers lesquels les groupes donnent sens à leur existence et à leur rapport au monde.