Qui doit éduquer la jeunesse ? L’État, les parents, ou les deux ?

Culture | Congo | 17/01/2026

Qui doit éduquer la jeunesse ?  L’État, les parents, ou les deux ?
Qui doit éduquer la jeunesse ? L’État, les parents, ou les deux ?
Quand j’ai partagé la photo des pionniers de la révolution, je ne m’attendais absolument pas à la vague de nostalgie qu’elle a suscitée. Honnêtement, je pensais lire des commentaires du type : « c’est une période que j’aimerais oublier ». Mais c’est tout l’inverse qui s’est produit.
Beaucoup ont regretté cette époque. Pas tant pour le régime lui-même, mais pour ce qu’ils estiment avoir perdu : la formation des jeunes, l’instruction civique, la discipline, l’amour du travail bien fait, le respect des valeurs sociales et républicaines.
Nombreux sont ceux qui pensent qu’il aurait fallu adapter le MNP et ses lois à la nouvelle société congolaise issue de la Conférence nationale souveraine, plutôt que de tout balayer.
En tant qu’enfant des années 2000, j’avoue que ces témoignages m’ont troublée. J’ai eu l’impression que nous ne parlions pas du même pays.
Mais lire ces commentaires m’a rappelé une phrase d’un de mes enseignants. Il disait :
« Avant, l’école c’était 50 % d’instruction et 50 % d’éducation (civique, morale). Aujourd’hui, ce n’est plus que de l’instruction. »
Et là, je me pose ces questions : est-ce réellement une bonne chose de laisser l’éducation, au sens moral et civique, uniquement aux parents ? Est-ce à la famille seule de former les citoyens de demain ?
Les parents sont essentiels, évidemment. Ils transmettent les premières valeurs et l’identité. Mais tous les parents n’ont ni les mêmes moyens, ni la même vision, ni le même rapport à la société, à la loi ou au bien commun. Peut-on alors espérer construire une conscience collective solide uniquement sur cette base ?
L’école ne devrait pas seulement transmettre des savoirs. Elle devrait aussi former des citoyens. Pas pour endoctriner, mais pour donner un cadre commun : le respect des règles, du bien public, du travail, de l’autre. Quand l’État se retire de cette mission, le vide n’est jamais neutre. La nature a horreur du vide, et ce vide est rempli par la rue, les réseaux sociaux, la télévision.
Je crois que la nostalgie que j’ai constatée dans les commentaires n’était peut-être pas un désir de retour en arrière, mais un regret. Pas n’importe quel regret non plus, mais celui d’une école qui assumait sa fonction éducative, pas seulement académique.
Alors la vraie question n’est peut-être pas quel régime ou quelle époque était meilleure, mais plutôt, quel type d’adultes voulons-nous former aujourd’hui ?
Des diplômés sans conscience collective ? Ou des citoyens instruits qui sont responsables, et capables d’engagement ?
L’éducation de la jeunesse ne peut pas être l’affaire d’un seul acteur. Elle doit être un équilibre entre la famille et l’école. Les parents forment l’individu. L’école forme le citoyen.
← Retour aux articles